Exposition du 6 Avril au 18 Mai 2013
Mardi - Samedi 11:00 - 19:00
L'absence de titre d'une œuvre, est un titre en soi...
Depuis
une dizaine d’années, Jean Faucheur pionnier des expériences collectives, a ressenti le
besoin de retourner à une démarche plus individuelle en s’imposant les contraintes
d’un travail en atelier c'est-à-dire paradoxalement dans et hors les murs.
La
rue exige une rapidité d’exécution qui interdit le droit à l’erreur mais laisse
l’imagination se dilater dans une plus grande liberté du cadre. L’atelier
accorde du temps et le loisir de faire mais enferme dans un espace, incite à
gagner en profondeur ce que l’on perd en surface.
Pour
ce perpétuel innovateur, pourquoi, alors, ne pas mettre à profit cette
expérience en se saisissant aussi de l’image et du son, matériaux de la modernité ?
Dans ses vidéos déjà telle Jelly fish, le jeu de l’ombre et de la
lumière modulait des formes ectoplasmiques sous la dictée de la musique ou,
comme Images animées, le mouvement monotone du métro mixait les couleurs
des rames et des stations au rythme d’un bruit assourdissant de moteur et de
rails.
Dans cette exposition, Jean Faucheur va plus
loin : il use du génie cinétique de "l’audiovisuel" comme outil
de l’élaboration même de l’œuvre.
Sur ces visages saisis comme par des pixels, la couleur vient imperceptiblement
s’ajouter, par petites touches, approfondissant en une sorte de travelling
avant l’œuvre proposée. En émergent des images différentes qui, loin de
brouiller les traits des personnages, dévoilent lentement leur essence derrière
la pudeur indiscrète d’une sorte de vitre dépolie. Le flou ainsi obtenu en
vient à dépasser en précisions surprenantes la représentation clinique de la
photographie. Dans le même esprit, les corps abandonnent leur nudité lascive ou
leur banalité démunie pour baigner dans un univers de molécules, bulles
multicolores qui nous rappellent notre origine atomique.
Ainsi va le geste de l’artiste qui, sans cesse,
défriche, superpose, change la perspective. Il suggère que notre regard nous
trompe sur ce que qu’il croît voir. Ainsi se renouvelle à l’infini la portée
d’une approche qui arrache un peu plus de secret à son objet au fur et à mesure
que l’artiste pose sa couleur. Jean Faucheuren vient à dépasser le réalisme
parfois réducteur de la photo pour laisser sa bombe conquérir notre
imagination. Il oblige à fouiller sa toile pour aller au-delà ce qu’elle donne
à voir ou permet de sentir. D’Auguste Renoir, il a conservé la puissance
d’évocation statique du premier plan, de son fils Jean, le cinéaste, il a
retenu la formidable dynamique de la profondeur de champ dont il donne une
version impressionniste.