Siegfried Jegard dessine comme il respire. Ses dessins courent au
fil des pages comme une sourde contamination.
Au fil d’un dessin automatique, personnages, créatures hybrides, monstres naïfs
et autres avatars se combinent à leur environnement et se déploient dans une
mise en scène onirique de l’instant, chaque forme semble en générer une
nouvelle, infiniment. Les lignes s’entremêlent et s’enchevêtrent, esquissant un
monde mythologique et intérieur, à l’orée de l'imaginaire de l'enfance et du
désenchantement de l'adolescence.
Guidé par avancées intuitives et sensibles, le trait parsème ses constructions
organiques et créatures diverses dans un cheminement candide affranchi de
références conscientes pour développer une forme poétique semblables à ces
ritournelles musicales capables de susciter en nous une résonance affective.
Dans
sa dernière exposition personnelle "Far away eyes", l'artiste prend
du recul sur sa pratique du dessin automatique. Opérant une sélection dans son
univers protéiforme, il en distille une trame plus clair, où se concentre et se
structure son imaginaire. Il reprend le contrôle d'un dessin viral et
affranchi, pour le mener vers des visions plus frontales et affirmées.