Vernissage le samedi 30 JANVIER 2010 de 18:00 à 21:00
Exposition du 30 JANVIER au 4 MARS 2010
Mardi - Samedi 11:00 - 19:00
Du Bronx aux
musées
John CRASH Matos est un des pionniers du
Street Art. Né dans le Bronx en 1961, il appose sa marque sur les trains de New
York dès l’âge de 13 ans. Il s’agit alors pour lui, comme pour les autres graffeurs, de diffuser le plus largement
possible son blaze : Crash. Cet art "underground" a acquis sa reconnaissance dans le monde de
l’art lorsque Crash laissa les murs
et les trains pour exposer chez Sidney Janis et à la galerie Real Art Ways aux
côtés de Jean-Michel Basquiat et Keith Haring. C’est la naissance du Post-graffiti : la transposition du graffiti
des trains aux cimaises.
Dès 1978, Crash
se met à travailler sur toile. L’atelier lui accorde le temps que lui refuse la
rue pour lui permettre de s’exprimer librement. Ses peintures, plus
personnelles, se rapprochent de l’expressionnisme abstrait. Cependant, s’en
dégage le même sentiment de violence qu’à ses débuts, servi par une peinture
rapide et puissante aux couleurs vives, influencée par des artistes pop tels
que Lichtenstein, Rosenquist, Richter, Wesselman et Jones. En 1980, Crash signe son dernier graffiti dans
la rue et organise à la Fashion Moda "Graffiti Art Success", première grande exposition où, pour la première fois, le Street
Art est pris au sérieux aussi bien par le public que par la critique. Le
recours à la bombe y trouve aux yeux de tous ses lettres "artistiques ". Crash devient alors le pionnier
incontournable et prolifique du Post-graffiti. Pour lui, en effet, un artiste
doit peindre tous les jours, sans interruption.
Crash a su imposer l’authenticité de son style issu de
la culture hip-hop au monde de l’art, jusque dans les plus grands musées tels
que le MOMA à New York ou le Groningen Museum aux Pays-Bas. Il est l’un
des premiers à adjoindre la figuration 3D au lettrage : fragments de visage, yeux se mêlant
aux lettres de son nom. Son style est à l’origine de toute une expression
graphique qui ne cesse d’inspirer les
jeunes graffeurs d’aujourd’hui, sans toutefois jamais être égalé.
Peut-être cette influence est-elle due à la fidélité de ce précurseur envers
ses inspirations premières ?
Retour aux origines
Crash est devenu une icône, mais il n’oublie pas ses
débuts sur les rames du métro. Pour sa nouvelle exposition, il renoue avec ses origines,sorte de retour à l’esprit de la
rue pour redécouvrir des
émotions qui l’animaient lorsqu’il peignait, caché dans les entrepôts de
trains. Toujours au spray
aérosol, il peint directement sur des morceaux de métal ou travaille ses toiles
comme s’il s’agissait d’intervenir sur les rames, usant d’effets picturaux évoquant clous métalliques et séparations de wagons.Il restitue alors ces moments que seuls peuvent comprendre les
arpenteurs de tunnels sombres, armés d’une bombe de peinture.
Retrouver les
sensations initiales du contact avec la matière est une façon pour l’artiste de
la maturité de rendre hommage au graffiti, racine profuse d’un art qu’il a
créé. Pour la première fois, un King (autrement
dit celui que son crew reconnaît comme le plus talentueux) revient
avec nostalgie sur l’atmosphère de l’époque. Cette exposition exprime le besoin de l’artiste de montrer à tous qu’il se sent tributaire de
cette révolte génératrice qui lui a permis d’initier l’art du graffiti. L’histoire
revisite régulièrement ses fondements, aussiADDICT Galerie a jugé
indispensable de replonger à la source de ce mouvement pour en retrouver
l’essence.
Le graffiti est un art éphémère. Les premières
peintures urbaines de Crash ont
aujourd’hui disparu mais en les photographiant, l’artiste en a protégé le
souvenir. Ces photographies, devenues œuvres à leur tour, ADDICT Galerie les propose à côté des toiles. Elles sont le
témoignage d’un temps révolu, d’un mouvement pictural détruit par le zèle des
services de répression et de nettoyage de New York, la MTA. Ces clichés
abandonnent à notre regard les dernières traces de cette révolte que fut le
graffiti, expression spontanée des artistes du Bronx que le métro a essaimé
jusqu’au cœur de Manhattan. On y découvre également que Crash n’a cessé de perfectionner son lettrage et à quel point il a
concouru à la progression du graffiti en lui permettant d’établir un lien entre
"la vie de la rue et la société conventionnelle".
ADDICT Galerie, avec cette exposition du 30 janvier au 4 mars 2010,
répond à tous les détracteurs du Street Art qui s’interrogent encore sur la
légitimité "d’enfermer " le graffiti dans un espace clos. Elle
proclame que ce mouvement est définitivement le plus révolutionnaire de la fin
du XXème siècle. D’ailleurs, John CRASH
Matos, très tôt reconnu par les circuits traditionnels, n’a jamais eu à se
poser cette question, désormais largement dépassée.
Soutenant la scène
émergente et le Street Art depuis son ouverture,ADDICT Galerie prend
ainsi le relais des galeries new-yorkaises des années 1980 telles que la Fun
Gallery, la Razor Galley et Sidney Janis qui ont permis au graffiti de se faire reconnaître.