MOSH PIT
Une exposition de Dan Witz
24 avril - 26 mai 2007
Vernissage le samedi 21 Avril 2007 17:00 - 21:00
Exposition du 24 Avril au 26 Mai
2007
Mardi-Samedi - 11:00 - 19:00
Internationalement
connu pour sa pratique du Street Art depuis les années 80, mais aussi
pour ses huiles sur toile à la facture en apparence classique, Dan Witz dépeint
un monde aussi fascinant que sauvage sur lequel il fond comme un oiseau de
proie.
Entre
absence et présence, entre plein et déliés, les œuvres figuratives de cet
artiste Américain né en 1957 négocient
sans cesse avec l’humain.
Une paire
de jambes de femmes stickées sur des panneaux de signalisation, deux gants
rembourrés qui laissent deviner une présence dans une bouche d’égout… Il
s’agit chaque fois pour Dan Witz d’humaniser la rue. D’y infiltrer un
soupçon de chaleur humaine. Un petit personnage apparaît d’ailleurs sans cesse
comme sa marque de fabrique: il s’agit d’un “hoody”, un être encagoulé,
aussi présent que sans visage.
Ce n’est ni
plus ni moins qu’une présence fantomatique qui donne le ton à toute l’œuvre de Dan
Witz, qu’elle soit dans la rue ou en galerie, en intérieur ou en extérieur.
Ces visions
qui balancent entre public et intime, parlent sans cesse de chaleur, humaine ou
artificielle, et laissent toujours planer une sorte de mystère que l’on
retrouve dans sa pratique en atelier.
D’un côté,
ses huiles sur toile, apparemment classiques et réalistes, nous offrent une
vision calme et feutrée de la banlieue: des ambiances nocturnes et des clair-obscur
improvisés s’y succèdent. Des vitrines de boutiques et des façades de maisons
éclairées, ou encore des lampes qui diffusent, sur des tables de chevet et des
guéridons, leur chaleureux éclairage d’intérieur. Mais que ce soit des
intérieurs ou des vues extérieures, toute âme qui vive semble en avoir été
extrait.
Sa série
des “Mosh Pit” est d’ailleurs représentative de cette notion.
Elle diffuse même une sensation de vertige. Elle met en scène des hordes
d’hommes ou d’animaux qui, par leur profusion, paraissent déshumanisés, comme
élevés en batterie. L’ordre est dans le chaos, puisqu’il s’agit là d’une
référence au punk hardcore et à ses chorégraphies où la violence est
ritualisée.
Des orgies,
des bagarres, des attroupements de chiens ou de rats en rangs serrés… ces amas
de chair ne laissant pas passer le jour, nous laissent osciller entre attirance
et répulsion. Se fondre dans cette masse abstraite et disparaître ou s’en tenir
à une simple observation… en présence de ces êtres sombres et sans âme, c’est
toujours le même sentiment d’inconfort qui l’emporte.
C’est la
récente série des “Mosh Pit” qui sera présentée à la Galerie
Addict à Paris pour cette première exposition personnelle de l’artiste.
Anaïd Demir