Nation Of Angela. Chapter07.
Sophie Toulouse
10 juin - 26 juillet 2008
Vernissage le samedi 7 juin 2008 de 18:00 à 21:00
Exposition du 10 juin au 26 juillet 2008
Mardi - Samedi - 11:00 - 19:00
"I Have No Comprehension of what’s going to Happen to
Me, Do I?"
La transformation de l’île de
Nation of Angela (NOA), subsistant au lendemain de la bataille contre l’armée
de "Fat Elvis", est en marche dans ce septième chapitre : La mutation
du paysage mais aussi de son histoire est distillée tout au long de cette
nouvelle exposition proposée à la galerie
Addict.
En effet, les luttes antérieures
entre l’armée de NOA et celle de "Fat Elvis" se sont transformées
jusqu’à la fusion sensuelle, la combinaison charnelle des soldats pour aboutir
à la symbiose de leur dirigeant respectif, Angela et "Fat Elvis". De
cette nuit d’amour, va s’opérer une métamorphose sans précédent.
C’est l’environnement dans sa
globalité qui œuvre à sa transformation sous l’exaltation de ces deux corps
unis. Le précepte de NOA
"The Sky Cannot Have Two Suns, Angela is The Only One" aurait-il été violé? Faudrait-il
punir pour y avoir dérogé ?
La suite de l’épopée de NOA laisse
entrapercevoir cette mutation charnière du corps humain en corps urbain.
Le paradisiaque cède du terrain à
l’inquiétant au travers de ces panoramas anthropomorphes. La Bible de NOA le
relate : Depuis ce jour, l’île s’engage dans une étrange révolution où faune et
flore semblent subir un bouleversement génétique tendant vers une immortalité
angoissante. Entre OGM et zombi, elles paraissent s’adapter à une nouvelle ère.
Des matériaux pluriels viennent
dessiner ce milieu avec, comme pièce clé, un ensemble d’éléments de verre,
tubes à essai, fioles et éprouvettes étudiant et surveillant le phénomène
chimique en marche.
Sculptures de terre, bas-reliefs en
bois aux lignes étonnamment cambrées, guident le visiteur au travers de cet
environnement voluptueux et surréaliste. Ils s’ajoutent à une série de dessins
qui, comme un storyboard, retrace le processus de mutation entamé. Comme des
morceaux de papyrus, ces archives à l’encre de chine, s’apparentant à des
témoignages archéologiques, livrent une histoire fantasmée à l’image de ces
civilisations dont seuls quelques textes et objets permettent d’esquisser
l’existence.
Par un retour à des éléments organiques,Sophie Toulouse ouvre ce nouveau
volet de cette utopie sensible et onirique.
C’est aussi en tant qu’allégorie de
notre société qu’elle nous paraît d’autant plus tangible. Vision du monde
moderne, surconsommation surréaliste, le mythe de NOA offre une lecture et des
références multiples et complexes.
Pur produit de son imagination
nourrie par sa contemporanéité Sophie
Toulouse effleure alors l’évolution de cette cité, de ses ressortissants et
de sa chute amorcée. Entre songe érotique et décadence, NOA aborde un nouveau
pan de son histoire où s’esquisse une renaissance imparfaite aux allures
étrangement visionnaires.
Marie Groneau.