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PEINTURE NOUVELLEJEAN FAUCHEURExposition du 26 novembre au 17 janvier 2012Vernissage le samedi 26 novembre 2011 18:00 – 21:00 " L’impressionniste de la profondeur de champ " Figure fondatrice de l’art urbain - on se souvient des Frères Ripoulin, amicale d’anciens élèves des "arts déco", qui, entre 1984 et 1988, essaimaient leurs collages dans les rues de Paris, puis celles de New York - Jean Faucheur s’est ensuite, jusqu’en 2002, consacré à la sculpture, la peinture et la photographie. Depuis une dizaine d’années, ce pionnier des expériences collectives a ressenti le besoin de retourner à une démarche plus individuelle en s’imposant les contraintes d’un travail en atelier c'est-à-dire paradoxalement dans et hors les murs. La rue exige une rapidité d’exécution qui interdit le droit à l’erreur mais laisse l’imagination se dilater dans une plus grande liberté du cadre. L’atelier accorde du temps et le loisir de faire mais enferme dans un espace, incite à gagner en profondeur ce que l’on perd en surface. Une telle discipline est vécue par Jean Faucheur comme un défi de plus lancé à son besoin de se renouveler tout en préservant ce qu’il aime dans le street art : l’énergie dans l’écriture et la relation directe avec le public. Il reste en même temps fidèle à son outil de toujours : l’aérosol qui permet d'effleurer la surface sans jamais la toucher, limite le potentiel du geste, expose à des accidents de parcours, tels des échappées de l’inattendu ouvrant sur les perspectives les plus inconscientes de la création. Autre avantage, la distance qu’impose l’utilisation de cette technique exacerbe les rapports de séduction entre le créateur et son œuvre. Pour ce perpétuel innovateur, pourquoi, alors, ne pas mettre à profit cette expérience en se saisissant aussi de l’image et du son, matériaux de la modernité? Dans ses vidéos déjà telle Jelly fish, le jeu de l’ombre et de la lumière modulait des formes ectoplasmiques sous la dictée de la musique ou, comme Images animées, le mouvement monotone du métro mixait les couleurs des rames et des stations au rythme d’un bruit assourdissant de moteur et de rails. Dans cette exposition, Jean Faucheur va plus loin : il use du génie cinétique de "l’audiovisuel" comme outil de l’élaboration même de l’œuvre. Sur ces visages saisis comme par des pixels, la couleur vient imperceptiblement s’ajouter, par petites touches, approfondissant en une sorte de travelling avant l’œuvre proposée. En émergent des images différentes qui, loin de brouiller les traits des personnages, dévoilent lentement leur essence derrière la pudeur indiscrète d’une sorte de vitre dépolie. Le flou ainsi obtenu en vient à dépasser en précisions surprenantes la représentation clinique de la photographie. Dans le même esprit, les corps abandonnent leur nudité lascive ou leur banalité démunie pour baigner dans un univers de molécules, bulles multicolores qui nous rappellent notre origine atomique. Ainsi va le
geste de l’artiste qui, sans cesse, défriche, superpose, change la perspective,
sans trop savoir lui-même ce qu’il va découvrir. Il suggère que notre regard
nous trompe sur ce que qu’il croît voir. Ainsi se renouvelle à l’infini la
portée d’une approche qui arrache un peu plus de secret à son objet au fur et à
mesure que l’artiste pose sa couleur. Jean Faucheur en vient à dépasser le réalisme
parfois réducteur de la photo pour laisser sa bombe conquérir notre
imagination. Il oblige à fouiller sa toile pour aller au-delà ce qu’elle donne
à voir ou permet de sentir. D’Auguste Renoir, il a conservé la puissance
d’évocation statique du premier plan, de son fils Jean, le cinéaste, il a
retenu la formidable dynamique de la profondeur de champ dont il donne une
version impressionniste. |